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 [1888] Take off your Grace

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MessageSujet: [1888] Take off your Grace   Mer 18 Oct - 22:38


Take off your Grace
Memories 1

« C’est fou comme on peut se sentir con. D’avoir fendu l’air à la vitesse du son. À presque oublier qu’un saut dans le vide. Peut aussi finir de la pire des façons »
Le sang du couteau égorgeant la chair du cou lui gicla en pleine figure. La femme n'arriva même pas à supplier. Crier. Un râle s'échappa de ses lèvres.

Comment en était-il arrivé là ?

Le chemin parcourut lui semblait bien trop long et ardu. Bien loin était le jour où il avait pour la première fois posé les pieds sur terre. Bien trop longtemps qu'on l'avait amené ici bas. Ses premières rencontres n'étaient qu'un vague souvenir rassurant, les jours de nostalgie. Il n'arrivait plus à présent à se rappeler de ces doux visages. Ces mains bienveillantes tendues vers lui. Seul témoin de ce temps ancien, les deux cicatrices le long de son dos, au niveau de ses omoplates.

Son quotidien n'était plus le même. Les seules mains qu'on approchait de lui, c'était pour le faire fuir. Ou le frapper. Il était inadapté pour pouvoir y survivre. Dans ce monde féroce, il était pire qu'un agneau. Ermite, il chercha longtemps quel pouvait être son but. Reprendre des forces. Retrouver ses pouvoirs. Mais rien n'y avait suffit.

Il n'avait jamais remarqué à quel point le monde était noir. Sombrant peu à peu dans cette déchéance. Oubliant qu'ils avaient un Dieu pour veiller sur eux. Mais où était-il en cet instant ? Pourquoi n'intervenait-il pas pour le sauver ?

N'avait-il pas le droit ? Ne le méritait-il pas ? N'avait-il pas assez souffert comme ça ?

Daniel suffoquait dans ses larmes, détournant les yeux de ce massacre dont il venait d'être le témoin. C'était la première fois en six mois qu'on l'avait à nouveau accueillit, pour lui éviter d'être trop trempé pour la pluie. Une femme, avec ses enfants, pauvres mais aimant. Le mari était rentré. Fou de rage. De savoir qu'un autre homme était au logis. Le ton était rapidement monté, sans que Daniel ne put faire quoi que ce soit ...

Il avait massacré ses enfants. Et il tuait à présent sa femme. Daniel ne connaissait même pas ces gens ... il ne connaissait pas leur noms. Alors qu'il pleurait et qu'il geignait, son regard se perdit sur le cadavre de la petite fille sur le sol ...

Il n'eut même pas la courage de prier. Pourquoi faire ?

Le corps de la mère de famille tomba sur le sol à ses pieds. Daniel ne leva pas les yeux, observant simplement ces pieds d'homme s'approcher de lui. Enjamber la femme.

Il ferma les yeux.

Si telle était la Volonté. Il ne souffrirait pas longtemps.

Mais rien ne vint le heurter. Ni lame ni coup. A la place, un nouveau silence régnait. Rapidement remplacé par un bruit de sifflet.

Ce ne sont même pas les Dieux de la Mort qui sont arrivés les premiers. Mais des officiers de police. Daniel ne les remarque même pas s'agiter autour de lui. Ne remarque même pas ce gourdin s'abattre sur son crâne.

Ce monde va très mal.
(c) DΛNDELION
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MessageSujet: Re: [1888] Take off your Grace   Jeu 19 Oct - 12:28


Take off your Grace
Memories 2

« C’est fou comme on peut se sentir con. D’avoir fendu l’air à la vitesse du son. À presque oublier qu’un saut dans le vide. Peut aussi finir de la pire des façons »
—Vous vous trouviez sur la scène du crime! Des corps à vos pieds! Ne me dites pas que vous ne savez rien !
Enfermé entre quatre mur. Interrogé par le chef de Scotland Yard en personne, Randall lui-même, Daniel avait gardé la tête baissée, le crâne encore meurtri du coup porté à son encontre. Le 21ème ce mois-ci. Il les avait tous compté, depuis le premier. Il y a maintenant 8 mois. Son corps ne se rétablissait plus aussi vite maintenant. Sa régénération était dégressive. A ce stade, un corps humain prenant le même temps pour guérir de blessures. Il avait prit soin d'observer. Calculer. Il était si loin de tout. Il avait tant perdu. Il avait vécu tant de chose. Il se sentait acculé. Effrayé.
— Je ne sais pas ... je ne sais plus ...
Daniel avait toujours détesté les éclats de voix. Ils étaient trop soudains. Trop imprévisibles. Ce n'était pas dans cet environnement qu'il avait grandit. Mais il y avait une chose qu'il redoutait le plus. Et Randall tapa déjà du poing sur la table en face de lui.
— Je suis fatigué ... je veux me reposer ...
Depuis quand n'avait-il pas prit le temps pour lui. Depuis quand n'avait-il été bercé par la quiétude. Son corps entier était secoué de tremblement. Il se sentait si faible, si amaigri. Sa situation était précaire. Vivre dans les rues, sans la moindre possession. Sans toit. Sans argent. Sans manger à sa faim.
— Moi aussi je suis fatigué ! Fatigué de tomber sur des gens de votre espèce qui n'ont rien à faire de la justice et qui comme par hasard, non ni nom à me donner ni alibis !
Un nouveau poing s’abattit violemment sur le bureau. Des larmes se mettaient déjà à couler le long de ses joues salies.
— Pitié ... j'en ai assez ... livrez moi à mes frères ... je veux rentrer ...
— Oh vous n'allez pas bouger d'un pouce tant que je n'aurais pas eu des explications ! Vous pouvez me croire !
Randall se trouvait à présent à quelque centimètres de lui, les poings toujours aussi serrés. De peur qu'un autre coup soit frappé, sur lui ou sur cette table, Daniel leva ses yeux vers lui, complètement désorienté.
— Je suis un ange...

Le chef de la police écarquilla les yeux devant cette révélation. Son poing sembla se desserrer.
— ... dites au paradis de venir me chercher ... s'il vous plait ... dites leur que je suis désolé ... que je voulais qu'ils reviennent sur la voie de notre Père ...
Ses sanglots ne finissaient plus. Il apportait une main à son visage.
— Un ... ange? Vous êtes un ange ? Et vous voulez ... rentrer ? Là-haut ?
— Comme je viens de vous dire, bon sang !! Je suis coincé ici, dans ce ... cette ...
L'expression de colère qui le fixait était disparue. Daniel le suivit du regard, alors qu'il rejoignit la porte de son bureau pour l'ouvrir.
— LEWIS ! Faites venir Robinson! Immédiatement !
Il referma la porte, venant se rasseoir calmement à sa place. Daniel réfléchissait, regardant devant lui sur la table. Mais rien ne lui vint.
— Robinson ... je ne connais pas de Robinson ...
Il renifla, venant essuyer ses larmes.
— Ne vous en faites pas, monsieur Robinson connait un tas de ... euh ... d'anges. Il va vous aider.
Un lueur d'espoir s'anima dans le regard de Daniel. Enfin, il allait quitter cet enfer, et rentrer parmi les siens. Quittes à devoir purger une peine, du moment qu'il était en sécurité...
— Oh, merci ... merci ...
— Allons allons ... c'est normal.
Un sourire narquois s'afficha sur le visage de Lord Randall, sans que Daniel ne puisse le déchiffrer. Il était bien loin de s'imaginer où on allait en vérité l'emmener.

(c) DΛNDELION
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